Lorsque j'ai proposé à Sire Cédric de réaliser une petite interview, il a gentiment accepté. Je profite de cela pour l'ajouter à la liste des auteurs qui se trouvent dans la catégorie des bio/biblio.

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Lien vers le site de l'auteur


Sire Cédric (pseudonyme inspiré de Circé - Sire C.) est né en 1974 à Saint-Gaudens (31).
Pour une biographie plus détaillée (car j'ai fait très très court en effet), je vous invite à aller sur le site de l'auteur.

Bibliographie:
Déchirures (2005)
Angemort (2006) - lu mais non encore chroniqué sur le blog
Dreamworld (2007)
L'enfant des cimetières (2009)
De fièvre et de sang (2010)
Le jeu de l'ombre (2011)

Note: Sire Cédric écrit également des nouvelles dans dans anthologies et magazines.

Interview:

Ankya : Bonjour Sire Cédric, et bienvenue dans ma Caverne. Tout d’abord, je souhaite te remercier d’avoir accepté mon invitation sachant que mon blog n’est pas purement fantastique. La littérature horrifique y côtoie les classiques par exemple.

Sire Cédric : C’est moi qui te remercie de m’inviter chez toi ! Quant à la diversité, au contraire, elle me plaît énormément. La vie est trop courte pour s’enfermer dans des niches.

A : Parlons en premier lieu du rapport avec ton public. Nous nous sommes rencontrés au Salon du Livre de Paris 2010 et j’ai pu constater que malgré les horaires de tes dédicaces (14-15h si mes souvenirs sont bons), tu y étais encore à 17h et la file d’attente était encore bien longue. Qu’est-ce que cela fait de voir que toutes ces personnes (et surtout de tout âge !) soient réceptives à tes récits ?

SC : C’est le plus beau cadeau du monde, sincèrement. Non seulement cela m’apporte un plaisir fou, mais, surtout, je n’oublie pas que je dois tout aux lecteurs. Sans eux, je n’existerais pas en tant qu’écrivain, non ? Il me semble donc naturel de rester tant que les gens attendent. C’est pour eux, que je vais aux salons. Pour passer un peu de temps avec eux, même si ce n’est qu’une ou deux minutes. C’est déjà un échange, une rencontre.

A : Tu prends le temps de discuter avec chacun. Est-ce que ce contact avec les gens compte beaucoup pour toi ?

SC : Bien sûr. Quand j’écris, je suis seul avec mon imagination. Rompre ces plages de solitude en plongeant dans le brouhaha des salons, rencontrer les lecteurs en chair et en os, voir de mes yeux qui ils sont, entendre le timbre de leur voix, rire avec eux, c’est essentiel pour moi.

A : Parlons maintenant de ton travail en lui-même : les textes ! Tes romans sont excellents et tes nouvelles très intenses. Vraiment. Elles sont extrêmement puissantes et dégagent peut-être plus qu’un roman. Te sens-tu plus à l’aise dans l’un des deux formats ?

SC : Que de compliments ! (Rires.) Pour répondre à ta question, je ne vois pas de différence fondamentale entre l’écriture d’un roman et d’une nouvelle. L’envie est la même, celle de raconter une histoire divertissante, pour, j’espère, apporter un peu d’évasion, ou d’émotion, à la personne qui la lira. Les nouvelles sont pratiques car elles permettent un partage quasi immédiat, et un plaisir rapide. Je les vois comme des gouttes de rêves. Avec les histoires plus longues, on peut faire durer ce plaisir, le faire bifurquer et se déployer, c’est la seule réelle différence à mes yeux.

A : Les abordes-tu de la même manière ? Comment fais-tu ?

SC : J’allume mon ordinateur et je tape sur le clavier. (Rires.) Non, sérieusement, je commence souvent à écrire guidé par la simple envie de raconter quelque chose de précis : cela peut-être une situation, un décor, un personnage, et le reste vient tout seul, de lui-même. Un exemple amusant a été la nouvelle Cœur de Serpent, que m’avaient commandé les éditions Mnémos pour l’anthologie des Imaginales 2010, Magiciennes et Sorciers, et qui devait à l’origine être assez courte. J’ai commencé à écrire une histoire de fantasy d’action colorée, dans la veine des nouvelles d’Howard, que je lisais quand j’étais adolescent, et… au bout d’une trentaine de pages d’écriture fébrile, je me suis vraiment forcé à achever la nouvelle, parce que si je m’écoutais et que je continuais à écrire de cette manière, elle allait se développer en véritable roman !

A : Les histoires que tu créées sont nombreuses, avec des points communs (thèmes récurrents) mais somme toute très différentes. Je veux dire par là que l’on n’a pas l’impression de lire la même trame d’une histoire à l’autre. Où puises-tu tes si nombreuses idées ?

SC : J’ai la chance d’avoir toujours une nouvelle idée à mettre en scène. Une pensée en appelle une autre, et ainsi de suite. Mais, comme tu le dis, je n’ai jamais fait deux fois la même chose. Il est essentiel, à mes yeux, que chaque histoire que j’écris soit une nouvelle aventure, une nouvelle expérience, à la fois pour moi et pour le lecteur.

A : Je souhaite effectuer un focus sur De Fièvre et de Sang (qui a reçu le prix Polar 2010), ton dernier livre sorti en date (sans compter la réédition de Déchirures). Quelque chose me turlupine ; nous retrouvons dans cet ouvrage le commandant Vauvert qui ne fait jamais référence aux évènements qu’il a vécus dans L’Enfant des Cimetières (évènements qui resteront à jamais gravés dans sa mémoire vu leur extraordinaireté). Est-ce qu’en fait il s’agit d’un personnage récurrent mais « nouveau » à chaque fois ? Cette non-référence est-elle volontaire ?

SC : Ce n’est pas si évident, Vauvert repense à cette affaire, de temps à autres, notamment quand il contemple ses anciens dossiers en vrac sur son bureau. Mais c’est vrai qu’il s’est bâti une armure pour ne pas avoir à réfléchir à certaines choses qui sommeillent au fond de lui. L’esprit humain n’a-t-il pas tendance à vouloir oublier, enterrer, toute chose qu’il ne comprend pas ? Ceci étant dit, certaines questions qu’on peut se poser au sujet de Vauvert trouveront des réponses… très bientôt. (Sourire.)

A : Tu ne caches pas ton « amour » pour les démons aux cheveux blancs dont tu parsèmes tes histoires. Or dans De Fièvre et de Sang, les cheveux blancs sont du côté des gentils. Eva est d’ailleurs un personnage très sympathique. Y a-t-il une raison particulière à ce choix ?

SC : Pour apporter une lumière là-dessus, disons que, dans mes histoires, la dépigmentation des cheveux est toujours le signe d’un contact prolongé avec la magie, le surnaturel. La notion de bien et de mal, dans ces conditions, deviens vite très subjective, d’où les questionnements d’Eva à ce sujet…

A : On me dit dans l’oreillette qu’une nouvelle publication est prévue pour mars. Peux-tu me donner un petit indice sur l’histoire ?

SC : Sur l’histoire, certainement pas ! (Rires.) Mais je peux préciser que ce roman a pour titre Le Jeu de l’Ombre, que c’est le plus bizarre que j’ai écrit à ce jour, et qu’il se déroule, chronologiquement, entre L’Enfant des Cimetières et De Fièvre et de Sang. C’est-à-dire qu’Alexandre Vauvert n’a pas encore rencontré Eva Svärta.

A : Aura-t-on le plaisir de te voir au Salon du Livre de Paris cette année encore ? (dis oui !)

SC : Oui, oui, je serai présent, et pour cause. Le Jeu de l’Ombre sortira à cette occasion ! Ce sera, en quelque sorte, le lancement officiel du roman.

A : As-tu un dernier mot pour les lecteurs de La Caverne d’Ankya, qu’ils soient fidèles ou de passage ?

SC : Je les salue tous et toutes et, puisqu’on en parle, je leur donne rendez-vous au Salon du Livre ! (Rires.)

A : Enfin, une question qui n’a strictement rien à voir… quel est ton plat favori ?

SC : La blanquette d’agneau.

A : Je te remercie de ta patience et d’avoir répondu à mes questions. Bonne chance pour la suite !

SC : Tout le plaisir était pour moi !