08 mai 2012
Le Messager & Gregory Harville - Maxime Chattam
AUBURTIN Jean-Francis (lien)
L'année dernière au Salon du Livre de Paris (2011), j'ai rencontré Maxime Chattam. Je me souviens de sa surprise lorsque je lui ai annoncé - après avoir patienté dans une longue file d'attente pleine de fans avertis et passionnés - que je ne l'avais jamais lu. "Vous me mettez la pression" m'a-t-il alors répondu.
A ce jour je n'ai toujours pas lu Léviatemps (le-dit livre dédicacé), c'est en projet. En ces temps de révision (et de partiels à partir de la semaine prochaine), j'ai crainte de me lancer dans un grand livre de peur d'être hapée et de ne pas pouvoir réviser. J'ai par contre découvert deux nouvelles : la première très courte : Le Messager (9 pages), et l'autre Gregory Harville (40 pages). [cliquez sur les titres pour accéder à la version en ligne de ces nouvelles]. Ecrites en 2001 elles précèdent les romans connus de l'auteur.
J'y ai découvert une écriture très poétique, pleine de métaphores choisies avec soin (ou du moins qui passent très bien). Alors que Le Messager montre une seule scène pleine de ressentis, Gregory Harville est une histoire complète. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit si humaine, si douce malgré le thème abordé. C'était beau à lire.
Je n'ai à présent qu'une seule envie: découvrir les oeuvres plus récentes, avec le style mûri de l'auteur.
21 avril 2012
Enola Game - Christel Diehl

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Auteur : Christel Diehl
Année : 2011
Langue : Français
Éditeur : éditions dialogues
114 pages
Quatrième de couverture :
Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. À l’origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte: accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile ?
Au fil des semaines, malgré sa peur et son chagrin, la mère puise dans sa mémoire et ses lectures mille raisons de célébrer la vie. Les mots de Mallarmé qu’elle recopie dans son journal intime trouvent une résonance particulière dans le vide de son huis-clos: « Ma faim qui d’aucun fruit ici ne se régale, trouve en leur docte manque une saveur égale ». Cependant, tandis que la mère louvoie entre sa douleur, ses souvenirs magnifiés et sa volonté farouche de donner un sens à la vie de son enfant, les quelques nouvelles du monde qui lui parviennent encore sont chaque jour un peu plus alarmantes. In fine, la question de ce roman pourrait être: que reste-t-il quand il ne reste rien ?
Avis :
Dès le début, dès les premières phrases, on sait que quelque chose s'est passé. Une femme et sa fille sont seules chez elles et doivent y rester cachées, comme tout le monde. Mais qui reste-t-il ? Pourquoi ne leur dit-on rien ? Retranchées chez elles, elles savourent le pouvoir des mots comme "petit-déjeuner", qui n'a de petit-déjeuner que le nom, restrictions alimentaires obligent. Grâce à ce livre, on se rend compte que toute la plus grande technologie du monde ne sert à rien si on ne peut pas la faire fonctionner. Par contre, rien ne vaut les bonnes vieilles connaissances (faire un feu de bois dans la cheminée par exemple).
Ce qui leur pèse le plus c'est le manque d'information. Que se passe-t-il ? Est-ce que le reste de la famille est vivant ?
Ce livre très bien écrit alterne les pensées de la femme et ses activités avec sa petite fille. On plonge dans un monde anéanti et hostile, mais comme les personnages, on ne sait pas ce qu'il se passe. Nous sommes enfermées avec elles dans leur maison.
Sans raconter la fin, je peux vous dire que je l'ai trouvée de circonstance, logique, chose assez rare dans ce genre de romans!
Je remercie chaleureusement Laure-Anne des éditions dialogues pour cette lecture !
30 mars 2012
David Michaud, un photographe français au Japon
Bonjour tout le monde ! Pour ce dernier jour de la dizaine japonaise, voici la présentation de David Michaud, dont je vous ai déjà parlé ici.
Il a eu l'extrême gentillesse de se prêter au jeu des questions, voici notre échange !
(photographe: David Michaud)
Ankya : Bonjour David, et bienvenue dans ma Caverne. Tout d’abord, je souhaite vous remercier d’avoir accepté mon invitation sachant que mon blog n’est pas basé exclusivement sur la littérature japonaise, le Japon ou encore la photographie.
David Michaud : Bonjour Ankya. C’est avec plaisir que j’ai accepté l’invitation, ça me rappelle mon enfance avec la visite de la grotte de Lascaux…
A : Abordons tout d'abord le sujet "littérature" : Quels sont vos auteurs japonais préférés ? Avez-vous un auteur qu'il faut AB-SO-LU-MENT découvrir ?
DM : J’aime bien Natsume Soseki et Ayako Miura, mais depuis peu j’ai commencé à m’intéresser à Masuji Ibuse et son livre « Pluie Noire » que je trouve intéressant à mettre en parallèle avec ce que vivent actuellement les habitants de Fukushima.
A : Et pour les autres, toute origine confondue ?
DM : Oh il y en a plein ! J’aime les classiques : Victor Hugo car on retrouve finalement le monde d’aujourd’hui (ce qui devrait amener des questions sur notre société), les univers fantastiques de Jules Verne, la tendresse de Saint-Exupéry… finalement très peu d’auteurs modernes à part des scientifiques comme Hopkins ou Hubert Reeves dont j’aime lire les études et, plus proche du Japon Nicolas Bouvier…
A : Durant cette dizaine japonaise, nous mettons à l'honneur le Japon en général, pas seulement la littérature. Une question que tout français se pose, est-il possible (et facile) de s'intégrer au Japon en tant que français ?
DM : tout dépend du sens que l’on donne à intégration… Trouver sa place est facile, mais se fondre dans la masse impossible. On est étranger et ça se voit ! On aura beau maîtriser la langue et la culture on restera toujours « l’étranger ». Mais il suffit de faire sa place en tant que tel et tout se passe bien, le pays est très accueillant et l’administration ouverte, c’est dans la vie de tous les jours que les difficultés peuvent apparaître, mais on apprend vite à faire avec.
A : Parlons maintenant de votre travail : les photographies ! Faire de son métier la capture d'images, d'instants, d'un pays que l'on adore, c'est merveilleux. Pouvez-vous nous expliquer comment vous abordez une "mission" photo ?
DM : Bon, je dois d’abord assombrir le tableau. Le métier de photographe est en fin de vie, car on est inondé d’images aujourd’hui, tout semble gratuit et les clients ne veulent plus payer la vraie valeur des choses… Le photojournaliste doit du coup prendre de gros risques pour en vivre. Aujourd’hui on me propose d’acheter des photos de l’intérieur de la zone interdite de Fukushima, mais pas du Japon. Du coup je travaille maintenant sur un ensemble, pas seulement la photo mais un package complet pour un article clé-en-main. Faire de belles photos ne suffit plus, il faut une histoire derrière, c’est un exercice intéressant en soi.
A : Si j'ai bien compté, vous avez déjà sorti quatre livres photo, un calendrier perpétuel ainsi qu'un recueil d'us et coutumes. Est-ce que cela a été naturel pour vous de partager vos photographies ? Le choix est-il difficile ? Décidez-vous vous-même du thème à aborder pour un nouveau livre ?
DM : Cinq livres ! En fait quatre en tant qu’auteur (et photographe pour deux d’entre-eux) et un dont je ne signe que les photos accompagnées des textes de Catherine Lemaitre.
Je partage mes photos depuis 2005 sur mon site LeJapon.fr donc c’était une consécration pour moi de les voir distribuées dans le « vrai » monde et pas seulement sur le virtuel. Le choix est hautement difficile ! Quand on a une banque d’images de près de 200 000 photos du Japon, comment être sûr de faire le bon choix… Une torture de décider quelles photos ne seront pas dans l’ouvrage…
En général, l’éditeur a une idée et on en discute pour orienter le livre, mon style est de donner une consonante humaine et vraie à chaque ouvrage (même pour mon livre « Traditionnel Japon » qui est sur l’ère Meiji, j’écris comme si l’on vivait la scène actuellement), je pense que cela permet de se sentir plus proche du sujet et offre un univers au lecteur plus qu’une simple information. Pour mon dernier ouvrage « Japon Vu de l’Intérieur », j’ai été beaucoup plus libre que pour les autres car l’éditeur japonais ne savait pas comment aborder le public français, ce qui m’a permis de parfaitement équilibrer l’image (j’ai fait les photos spécialement pour ce livre) au texte, et mes seuls regret sont certains choix de photos (l’éditeur en a éliminées alors que je souhaitais mettre plus de portraits que de détails de la maison) et une maquette trop austère au niveau des textes...
A : J'ai lu que vous aimez prendre des photos en lumière naturelle. Pratiquez-vous en plus la retouche photo ?
DM : Je n’aime pas « tricher », donc c’est toujours en lumière naturelle et sans retouche (je m’autorise seulement une balance des blancs et ajuster la saturation/contraste de temps en temps). Ca m’énerve souvent quand je vois certains s’extasier devant des photos complètement retouchées, j’aimerais que l’on ne dise pas « Oh, quel bon photographe ! » mais « Oh, quel bon graphiste ! » . Je m’amuse avec mon téléphone à faire des photos live et les poster sur Internet, là comme la qualité de base est assez médiocre je rajoute des filtres et d’un coup la photo sans intérêt devient « superbe » ! De quoi se démotiver à faire de la photo avec un « vrai » appareil…
A : Avez-vous un dernier mot pour les lecteurs de La Caverne d’Ankya, qu’ils soient fidèles ou de passage ?
DM : Après le 11 Mars 2011 le Japon a beaucoup souffert, touché directement ou indirectement par la catastrophe, fuit par beaucoup tel un malade contagieux… Aujourd’hui comme tout convalescent, il a besoin de sentir qu’on l’aime, qu’on pense à lui, que l’on est à ses côtés en lui rendant visite…
A : Enfin, une question qui n’a strictement rien à voir... quel est votre plat favori ?
DM : J’ai pendant longtemps été monomaniaque sur les Tako-Yaki (beignet en forme de boule avec un morceau de poulpe à l’intérieur) et j’ai fait le tour du Japon pour tester les différentes variantes !
A : Je vous remercie de votre patience et d’avoir répondu à mes questions. Bonne chance pour la suite !
DM : Merci et à très bientôt au Japon ! Je vous emmènerai pour une découverte photographique de Tokyo la mégapole lors d’un de mes Tokyo Safari (www.tokyosafari.com).
David Michaud, photographe professionnel, est parti au Japon et y est resté en 2007. Mais il en parle mieux que moi ici (clic) !
Quelques sites à visiter :
http://lejapon.fr/
http://www.lejapon.fr/blog/index.php
http://www.petitspois.net/index.php3
www.tokyosafari.com
Les livres de David (n'hésitez pas, les photographies sont juste magnifiques):
La dizaine japonaise, c'est fini pour cette année !

(Suite à mes récents achats au Salon du Livre de Paris, c'est pas vraiment fini avec le Japon en ces pages :D :D :D)
25 février 2012
L'histoire du livre - Bruno Blasselle
A pleines pages et Le triomphe de l'édition sont les deux volumes de l'histoire du livre de Bruno Blasselle, que j'ai eu grand plaisir à lire pour mon cours... d'histoire du livre!
Du volumen au codex, en passant par Gutemberg et la peur de la mise à l'Index, ces deux livres nous racontent une histoire passionnante de l'évolution du support "livre", de sa création à nos jours (enfin... 1998 pour être précise). Riche de belles et très nombreuses illustrations, on en apprend à chaque page. J'aime connaître le commencement et l'évolution des choses. Et là, en plus, il s'agit de livres !
Cette édition n'est plus éditée, mais il semblerait qu'il existe une version de poche regroupant les deux volumes.
A mettre entre toutes les mains ^____^
09 février 2012
[Livre] Maison fondée en 1959 - Michaël Mention

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Auteur : Michaël Mention
Année : 2011
Langue : Français
Éditeur : Le Fantascope
234 pages
Quatrième de couverture :
Je m'appelle Luc, j'ai trente ans et j'écris des polars. Enfin, je les tape sur un PC... auquel je suis désormais enchaîné. C'est à cause de mon éditeur. Il m'a obligé à lui pondre un bouquin et si je ne le fais pas, je crève. Je pourrais vous expliquer, mais j'ai pas envie. Et surtout, j'ai pas le temps. Chique seconde perdue est un mot sacrifié, alors j'écris, jours et nuits. Plus ça dure, plus je mute et fusionne avec le clavier. Tant mieux : un homme Azerty en vaut deux, et nous ne serons pas de trop pour survivre.
Avis :
J'ai acheté ce livre grâce à la couverture tout d'abord. Je la trouve superbe, tant dans les couleurs que dans la façon dont se tient l'homme. Après lecture de la quatrième de couv', j'ai rigolé à "un homme azerty en vaut deux". Ni une ni deux, dans ma PAL, deux jours plus tard il était lu.
Je ne vais pas raconter l'histoire puisque le résumé le fait très bien. Par contre je vais vous dire que j'ai aimé. Le côté complot est très bien mené, et l'on sent la paranoïna envahir Luc de manière exponentielle. On le voit sombrer, tomber de plus en plus bas, mais qui ne réagirait pas ainsi ? A côté de ça, nous suivons également l'histoire que Luc doit écrire pour ne pas mourir, qui est également intéressante.
Michaël Mention est un auteur que je découvre avec Maison fondée en 1959. Je pense lire d'autres livres de lui car l'histoire est originale et bien menée. Le style est très agréable, pas de lourdeurs, beaucoup d'humour - noir souvent à cause de la dérision sarcastique du personnage.
22 janvier 2012
[Livre] Latex etc. - Margaux Guyon

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Auteur : Margaux Guyon
Année : 2011
Langue : Français
Éditeur : Plon
271 pages
Quatrième de couverture :
Que faire quand on habite la petite ville de C*** et que l'on trouve le temps désespérément long ? Margaux, dix-huit ans, est partagée entre les copains, les livres, l'art de la vanne sèche et les soucis vestimentaires. Et ce n'est pas dans sa famille - mère démissionnaire, père absent et soeur frappée de mysticisme et d'acné juvénile - qu'elle trouvera un divertissement à son ennui.
Apparaît alors une solution - temporaire - à son désoeuvrement. Histoire de s'oublier, elle se jette dans les bras de la bonne bourgeoisie d'Avignon, la grande ville toute proche qui, elle, ne l'oubliera pas. Et la payera, cher.
Call-girl de hasard, elle dépense ce qu'elle gagne en s'achetant fanfreluches et accessoires, notamment le Mac sur lequel elle raconte sa lamentable, joyeuse et trop véridique existence. Entre heurs et malheurs, une histoire faite d'amours vénales, et sans joie. Évidemment, cela ne peut que mal finir.
Avis :
Premier roman de l'auteure de 21 ans, Latex, etc. met une petite claque au lecteur. Mais commençons par le début. J'ai abordé ce livre de manière assez mitigée. Alors que le style est très bon, clair et limpide, je me demandais quel était l'intérêt pour une jeune auteure de cet âge de publier une histoire sur le sexe (certaines scènes sont exagérément crues - je pense par exemple à la séance psy) si ce n'est que pour montrer que l'on est une grande fille. Bon... ça c'était mon avis au début. Et puis, chemin faisant, une problématique se pose. Lycéenne de 18 ans, Margaux s'offre des vêtements et accessoires de luxe, ainsi que des vacances, grâce à l'argent gagné après avoir passé du temps avec des "clients" (vous voyez de quoi je veux parler). Riches, les clients. Des clients qui payent en billets violets (au moins deux, cela va sans dire - même si je ne connais pas les tarifs de ces activitées, j'ai l'impression qu'elle y gagne beaucoup). De l'argent facile, mais peut-être qu'il l'est trop (facile). Sans garde du corps, elle suit ses clients où ils le souhaitent - et de la manière dont ils le souhaitent... à ses risques et périls.
Margaux donc, mène une double vie. Lycéenne le jour, prostituée de luxe la nuit (et le jour aussi... les cours, ça se sèche, c'est bien connu). Tout est bon pour rompre la monotonie de la vie à C***. Car Margaux s'ennuie. Ses amis sont rares mais précieux, les autres l'insupportent. La prostitution est le seul moyen qu'elle a opté pour sortir de cette monotonie. A son âge, elle ne se rend pas encore compte des dangers de l'argent facile.
Le personnage principal, Margaux, m'est devenu sympathique au fur et à mesure du roman. En effet, elle apparaît au début comme une fille insouciante et superficielle. Plus l'histoire avance, plus elle se livre au lecteur, plus je l'ai appréciée. Malgré un fond d'histoire sombre, le tout est joliment mené et se lit facilement.
L'humour n'est pas en reste dans ce roman. Un humour frais et spontané, mais malgré cela, le message porté - qui lui, n'est pas si drôle - passe avec brio.
Margaux Guyon est à mon sens un auteur à suivre car son style fait mouche !
13 janvier 2012
[Livre] L'étage de Dieu - Georges Flipo


Auteur : Georges Flipo
Année : 2006
Langue : Français
Éditeur : Jordan Editions
167 pages
Quatrième de couverture :
Douze nouvelles à la gloire de la libre entreprise, le sous-titre de L'étage de Dieu, relève de l'antiphrase. Georges Flipo, en effet, loin de s'ériger en thuriféraire de l'entreprise, accuse les défauts de celle-ci = omnipotence des patrons de droit divin, sournoiserie des luttes entre cadres guettés par le licenciement, culte de la performance professionnelle dans les activités insipides. Préférant aux prises de position explicites la satire et l'ironie envers les puissants, la compassion à l'égard des vaincus, Georges Flipo respecte les lois exigeantes de la nouvelle = attaques franches, récits menés tambour battant, personnages qui imposent leur présence et chutes de sens. L'étage de Dieu est... une entreprise louable.
Avis :
C'est la quatrième fois que je vous parle de Georges Flipo sur ce blog (en plus des deux rencontres au salon du livre 2010 et celui de 2011) ! Je ne m'en lasse pas. Il s'agit ici de son premier recueil de nouvelles, L'étage de Dieu, qui lui a valu de recevoir un prix.
Ces nouvelles racontent les entreprises. Les grandes entreprises où parfois (souvent?) l'apparence prime sur la performance. Ca parle aussi de personnes prètes à tout pour réussir, d'autres bizarres.
Le style dynamique, le discours plein d'humour, Georges Flipo est très agréable à lire. Jamais d'ennui !
Je regrette de ne pas détailler mon article car je l'ai lu il y a quelques mois déjà. Ces nouvelles valent le détour !
Ce livre n'est plus édité mais il peut être trouvé d'occasion.
Les autres lives de Georges Flipo sur ce blog :
Flipo Georges - Qui comme Ulysse
Flipo Georges - La commissaire n'aime point les vers
Flipo Georges - La commissaire n'a point l'esprit club
09 décembre 2011
[Livre] Ils diront d'elle - Fanny Brucker

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Auteur : Fanny Brucker
Année : 2011
Langue : Français
Éditeur : JC Lattès
267 pages
Quatrième de couverture :
Chaque année, Estelle redoute l’approche de Noël et la traditionnelle fête qui réunit sa famille dispersée autour des mêmes plats, des mêmes questions sur la vie de chacun, des mêmes petites réflexions qui blessent ou qui amusent. Estelle trouve toujours de bonnes excuses, de petits mensonges qui lui permettent de ne pas affronter les siens et surtout de continuer à mener sa vie loin des jugements, des conseils et des exemples de ses proches. Il n’est pas simple d’assumer ses choix ou juste d’accepter le regard des autres et longtemps Estelle a préféré de pas avoir à le faire. Elle a quitté sa famille parisienne, très tôt, aimé des femmes avant de s’installer avec l’une d’entre elles, Vanessa, dans une petite ville au bord de l’océan, en Charente-Maritime. Elle vit de petits boulots, serveuse, maraîchère, des occupations saisonnières qui lui laissent du temps pour rêver, lire, nager, ne rien faire.
Mais cette année est différente : pour la première fois, Estelle doute de cette vie, de cet amour, de ses choix. Elle se sent seule, si seule qu’elle n’a pas le courage de fuir encore et de refuser l’invitation de ses proches. Mais comment avouer ses doutes ? Comment les faire partager alors qu’elle a passé sa vie à affirmer qu’elle se sentait libre et heureuse ainsi ? Estelle, en retrouvant sa famille, va découvrir des blessures d’enfant qui n’avaient pas guéri. Elle va aussi apprendre à mieux se connaître et s’accepter.
Un roman très émouvant et tendre sur les choix d’une femme, le poids de l’enfance et l’exemple des parents qui marquent une vie.
Avis :
Je ne suis pas du tout d'accord avec la dernière phrase de la quatrième de couverture. Dès le début du roman, dès les premières phrases, Estelle passe pour une personne qui regarde sa vie de l'extérieur, qui n'est pas en paix avec elle-même et se fait beaucoup de fausses idées. De plus, le ton utilisé dans ce livre est très lourd donnant beaucoup de puissance au mélodrame raconté.
Il y a bien sûr de bons moments dans ce livre, comme la visite des parents de Vanessa. Cependant, il s'agit à mon sens d'une des deux seules scènes intéressantes du livre. La seconde étant lorsqu'Estelle se confronte à sa propre famille. Cependant, là aussi les deux rencontres tournent en règlement de compte et en vérités dites entre quat'z’yeux.
Je veux bien que la situation d'homosexualité peut être un poids pour la famille ainsi que pour la personne concernée, mais ce roman est plus un coup de sang qu'un appel à l'aide ou à la compréhension. L'objectif de ce livre semble être que le lecteur plaigne Estelle... mais pour moi le ton employé est soit trop agressif par moments, soit Caliméro les autres moments.
D'après la dernière phrase du livre, qui se trouve d'ailleurs à l'extérieur du roman, on pense que cette histoire est plus ou moins autobiographique. Certes la vie d'Estelle n'a pas toujours été facile, son père lui manque énormément, elle est la dernière d'une grande famille, eue sur le tard, de surcroit. Mais je ne vois rien d'autre dans ce livre qu'un vidage de sac pour règlement de compte familial.
Bien entendu ce livre doit avoir son public et cet avis ne concerne que moi-même. Un conseil, ne le lisez pas si vous êtes déjà un tant soit peu déprimé(e)s.
23 septembre 2011
Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine de Vigan


Auteur : Delphine de Vigan
Année : 2011
Langue : Français
Éditeur : JC Lattès
437 pages
Quatrième de couverture :
Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.
Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence.
Avis :
Delphine de Vigan a souhaité cette année nous faire part d’un récit très personnel puisqu’elle va nous raconter sa mère. Pour ce projet de grande ampleur, elle a demandé aux membres de sa famille de lui raconter leurs souvenirs de Lucile, une femme à la beauté envoutante dont la destinée sera semée d'embûches. Ce texte, nous le comprenons durant la lecture, fut douloureux à écrire. Douloureux, mais nécessaire. Tout au long de cette biographie - qui parfois prend des airs d'autobiographie - Delphine de Vigan nous fait part de sa difficulté à écrire sur le sujet. En effet, cela fait ressortir beaucoup de choses, des choses enfouies, des choses cachées, volontairement ou par nécessité de survie. Mais cela fait du bien. On ressent la pression qui part au fur et à mesure du récit.
Lucile donc, vit dans une famille nombreuse entourée de ses parents et de ses frères et sœurs. Cette famille est très soudée et heureuse, malgré les catastrophes qui surviennent et qui créent petit à petit certaines failles.
De sa naissance à sa mort, Delphine de Vigan raconte sa mère en essayant d’être le plus proche de la vérité possible. Ce qui est très appréciable, c’est qu’elle arrive à retracer les faits sans ajouter de point de vue personnel pouvant expliquer tel ou tel acte, telle ou telle pensée. Le tout est très documenté et rien ne cherche à être caché.
Ce roman est bien plus que la biographie d’une personne ; c’est l’histoire d’une famille.
Ce livre a reçu le prix FNAC 2011 !
"Je préfère mourir vivante" p.429
Du même auteur sur le blog:
de Vigan Delphine - No et moi
de Vigan Delphine - Jours sans faim
15 septembre 2011
Les trois mousquetaires - Alexandre Dumas
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Auteur : Alexandre Dumas
Année : 1844
Langue : Français
Éditeur : Folio classique
701 pages
Quatrième de couverture :
Dans Les Trois Mousquetaires revit toute l'Histoire : le Moyen Âge parce que c'est une épopée chevaleresque ; le XVIIe siècle dominé par Richelieu fondateur de la France moderne ; le romantisme parce que des héros exceptionnels, qui ont disparu d'une société contemporaine dépoétisée, se réfugient dans le roman. L'auteur y a mis tout son art : la surprise, la vitesse, l'humour, la couleur, le sens du mystère et de la grandeur. Le lecteur se sent un instant aventureux comme d'Artagnan, séducteur comme Aramis, hercule comme Porthos, profond comme Athos, poète comme Dumas.
Avis :
Comme vous le savez maintenant, j'ai découvert les écrits d' ♥Alexandre Dumas père ♥ l'an dernier. Après avoir tâté le terrain avec de cours récits et théâtres, je me suis lancée dans Les trois mousquetaires (701 pages quand même, mais il le vaut bien).
Un peu d'histoire avant de commencer. Parce que cette histoire, j'en avais eu un aperçu toute petite, lorsque je regardai mon dessin animé (dont le générique est mon favori depuis) Sous le signe des mousquetaires.
Après la lecture de l'oeuvre originale, je dois avouer que le dessin animé est assez fidèle (avec bien entendu quelques libertés prises... ça ne le faisait pas d'avoir Constance Bonacieux 20 ans mariée à Monsieur Bonacieux, 50 ans, donc dans le dessin animé c'était sa fille... par exemple !). Mais revenons à nos moutons...
♥ Alexandre Dumas ♥ faisait des recherches pour son histoire de Louis XIV lorsque, grand bien lui en a pris, il est tombé sur Les Mémoires de M. d'Artagnan. Afin de voir si ces mémoires étaient réelles (parce que des noms comme Athos, Porthos et Aramis, ça fait pseudonyme voyez-vous, et à juste titre, puisque c'en sont), Alexandre Dumas a effectué nombreuses recherches... quand, démoralisé, désespéré, il est tombé (providence!) sur les mémoires du comte de La Fère où ils sont nommés. Il a alors entrepris son oeuvre.
Cette histoire, comme les autres de l'auteur (que j'ai lues du moins) est pleine d'action, de rebondissements, d'amour, d'amitié mais surtout d'honneur. L'histoire commence lorsque le jeune d'Artagnan part se faire mousquetaire du roi. Une amitié forte le lie à trois autres mousquetaires, Athos, Porthos et Aramis; et ils vont vivre ensemble de folles aventures. Je n'en dirai pas plus car il se peut (oui c'est possible, j'en suis la preuve vivante) que de futurs lecteurs ne connaissent pas toute l'histoire de ce livre.
J'ai été très impressionnée par le personnage d'Athos que je ne pensais pas si "puissant". Il n'est qu'un exemple car chaque personnage est travaillé à merveille et chacun a une profondeur qui fait plaisir à lire et à retrouver au fil des pages (même les méchants!).
Si vous êtes rebutés par le nombre de pages, n'ayez crainte, il s'agit d'une excellente histoire, pleine d'action, pas un moment de lenteur. Vraiment.
"[...] comme il le disait, il était prêt à aller au bout du monde pour la chercher. Mais le monde a bien des bouts, par cela même qu'il est rond; de sorte qu'il ne savait de quel côté se tourner." p. 352

Du même auteur sur le blog:
Dumas Alexandre - Pauline
Dumas Alexandre - La dame pâle
Dumas Alexandre - Antony













