9782070787715
Auteur : Linda Grant
Année : 2008 (2010 pour l'édition française)

Quatrième de couverture :
Vivien Kovaks est la fille unique d’Ervin et Berta, un couple de Juifs hongrois immigrés à Londres depuis 1938. Autant que Vivien le sache, sa famille se réduit à ces deux parents taciturnes et renfermés. Mais, à dix ans, elle se découvre un oncle, et pas n’importe qui, un truand célèbre, Sándor Kovacs, propriétaire véreux et maquereau occasionnel. Son père refuse de lui en dire davantage sur ce frère détesté, cependant la petite fille reste fascinée par la seule image qu’elle ait de Sándor, habillé richement et paré d’une montre en diamants. Puis le temps passe, et la vie de Vivien suit un cours monotone, qui culmine lorsqu’elle épouse sans conviction Alexander, un Anglais de bonne famille. Or un drame l’oblige à retourner vivre chez ses parents. Ce qu’ils se mettent sur le dos est l’histoire d’une famille où secrets, déceptions et trahisons intimes se mêlent aux douleurs provoquées par la grande Histoire. Entre tragique et comique, l’auteur dissèque avec finesse les émotions que les personnages dissimulent, ou exposent, par le biais de leurs habitudes et de leurs codes vestimentaires.

Mon avis :

Cet ouvrage est un livre sur l'identité, le besoin d'identité.

Les premières pages donnent le contexte: Vivien et ses parents vivent reclus dans un appartement du beau quartier de Londres. Les parents s'enferment, s'isolent, ne connaissent pas leurs voisins, afin de ne pas faire de vague en reconnaissance pour le pays qui les a accueillis alors que tout allait mal en Hongrie. Ils refusent toute discussion concernant leur passé dans leur pays d'origine, d'après eux pour le bien de Vivien.

Franchement, j'ai eu du mal pendant les 74 premières pages. MAIS !

A partir de cette page, Vivien va trouver son oncle Sandor qui va, lui, lui raconter. Raconter la Hongrie, raconter la famille. Sa famille. Et ça lui fait du bien. Leur fait du bien à tous les deux. Le passé que les parents cachent aux enfants de manière égoïste soit disant pour leur bien, ces derniers en ont besoin pour avancer dans leur propre vie. Même si la réalité est douloureuse, elle l'est moins que l'ignorance de ses origines.

A partir du moment où l'on rencontre Sandor, on découvre également, en plus de l'histoire de Vivien, le Londres de l'époque. Les fêtes bien sûr, mais aussi le racisme montant dangereusement. Envers les gens de couleur mais aussi envers les juifs. Vivien commence à vivre dès qu'elle a enfin la possibilité de connaître l'histoire de sa famille.

"Nous nous changeons constamment en quelqu'un d'autre, et nous ne devrions jamais oublier que quelqu'un d'autre nous regarde constamment" p.275

En résumé, même si j'ai eu un peu de mal à démarrer, j'ai beaucoup aimé ce livre :)

Lu dans le cadre du prix des lectrices ELLE 2011, catégorie Romans.
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