viol


Auteur : Joyce Carol Oates
Année : 2003 (2006 pour la traduction française)
Titre original : Rape, A love story


Quatrième de couverture:

4 juillet : feu d'artifice à Niagara Falls.
En rentrant chez elles après la fête, Tina et sa fille ont la mauvaise idée de passer par le parc. Elles croisent des jeunes défoncés qui violent Tina et la laissent pour morte dans un hangar à bateaux. Très vite, la ville la condamne : ne serait-elle pas trop jolie pour être honnête ?
 


Mon avis :

Attention. Roman fort. Roman déstabilisant. Roman révoltant.
L'auteur nous donne une entrée fracassante dans cette histoire sordide, nous donnant la couleur dès les premiers mots.

Ce livre est divisé en deux parties:
- la première, révoltante, choquante, où le viol est commis ainsi que la première entrevue au tribunal (qui sera la dernière vu comment ça s'est mal passé). Le lecteur est écœuré face aux magouilles et propos  et vérité détournés. "Tu as raconté et re-raconté tout ce dont tu te souvenais jusqu'à être malade de le raconter, malade au souvenir de ce qu'il te faut raconter et re-raconter à des inconnus qui ont toujours l'air de douter de ce que tu dis, qui te regardent d'un air renfrogné en pesant la validité du témoignage de Bethel Maguire." (p.73). Ou encore "Il ne suffit pas que ce soit arrivé. Que Tina Maguire ait failli mourir. Il faut aussi que ce soit prouvé" (p.74). De quoi donner confiance en ce système juridique. Cette partie est d'autant plus dure que les victimes croient en une justice qui n'arrivera jamais.

- la seconde est plus digeste. Tout d'abord car il n'y a plus cet espoir vain, constant. Mais aussi parce que le policier qui était le premier sur les lieux va s'investir personnellement dans cette affaire.

Cette histoire se lit grâce au style de l'auteur, malgré les scènes qui donnent envie d'entrer dans le livre et d'y intervenir. On est amenés à se poser plusieurs questions, qui sont d'ailleurs posées explicitement dans le livre: Ne valait-il pas mieux mourir au lieu de survivre et d'avoir à vivre tout ça (la haine des voisins, la douleur du tribunal, les souvenirs)? Ne vaut-il pas mieux de faire justice soi-même lorsque sa vie a été complètement dévastée à cause de quelques jeunes qui, au pire, s'en tireront avec seulement 4 ans de prison ?

Bref, un roman à ne pas mettre dans toutes les mains. Très dur. Heureusement que la seconde partie est plus soft que la première sinon je n'aurai pas tenu le rythme...

Les avis de Stephie, Restling, pimprenelle.

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97822210