carmilla

Auteur : Sheridan Le Fanu
Année : 1871

Résumé :
" Deux grands yeux s'approchèrent de mon visage et soudain, je ressentis une douleur fulgurante, comme si deux grandes aiguilles espacées de quelques pouces seulement s'enfonçaient profondément dans ma poitrine.
Je me réveillai en hurlant. La chambre était éclairée par la chandelle qui était restée allumée toute la nuit, et je vis une silhouette féminine au pied de mon lit, un peu sur la droite. "

L'action se passe dans un château de Styrie. L'héroïne, la jeune Laura, tombe sous le charme de la belle et mystérieuse Carmilla, dont l'arrivée énigmatique dans ce lieu isolé marque l'initiale d'une amitié tendre et exaltée.
De l'ouverture presque bucolique à la destruction du vampire que se révèle finalement être Carmilla, tout est là, des ingrédients d'un roman gothique, classique du genre. Mais ici, le vampire est une femme, et à la transgression vampirique s'ajoute celle de l'homosexualité féminine, dans un récit tout de séduction et de sensualité.
Carmilla voit le jour en 1871, soit vingt-six ans avant son illustre successeur Dracula (1897), et ces vampires nous viennent d'Irlande, dont est originaire Sheridan Le Fanu, qui donne ici un chef d'oeuvre incontesté.

Mon avis :
Je voulais à tout prix lire ce livre depuis un bon moment déjà. Pourquoi ? Parce que je suis fan de littérature vampirique et que celui-ci en est l'un des pionniers, si ce n'est LE pionnier. Certes, si l'on parle d'un vieux livre sur les vampires, chacun répondra "Dracula". Or Carmilla a été écrit avant Dracula. (ceci dit j'ai également lu Dracula).

Dû à l'époque d'écriture, on retrouve un style à la fois simple et soutenu. Les termes sont choisis, adéquats, parfois déroutants. Que j'aime lire ce genre de style !
Voici un exemple. Au lieu de dire que la fille est triste que l'autre, morte, ne puisse plus venir (elles ne se connaissaient même pas encore), voici le passage:
"Ma fille vient juste de voir ses attentes d'une visite annoncée depuis longtemps déçues par un cruel malheur. Elle en avait espéré beaucoup de joie et si vous confiez cette jeune fille à) nos soins, cela sera sa meilleure consolation."
Par la peine de préciser que la fille "confiée à nos soins" n'est autre que Carmilla.

Comme le raconte la quatrième de couverture, l'histoire nous est racontée par Laura. Au niveau de l'histoire, son prénom n'apparaît qu'à partir de la page 83, même si elle est présente dès le début de l'histoire.

Ce livre n'est vraiment pas long (135 pages dans l'édition Babel), je le conseille à toute personne souhaitant lire du vampire originel. Il n'y a pas d'effusion de sang comme ce qui sort actuellement, pas de multitudes de vampires tous plus beaux les uns que les autres, donnant envie d'y succomber. Ici certes le vampire est beau, il doit plaire, mais l'époque veut que tout reste dans le non dit, le non verbal.

Enfin, toujours en rapport avec l'époque, ne pas voir plus que des maintiens par la taille et des prises de mains dans ce que l'on nomme l'homosexualité féminine dans la quatrième de couverture. Cela nous fait sourire, maintenant, car c'est le comportement de toute adolescente avec sa meilleure amie.

Objectif PAL: 4/10